Le 1er juin est la Journée des travailleurs blessés

Le 1er juin 1983, plus de trois mille manifestants se sont rassemblés à Queen's Park et sur les marches de l'Assemblée législative. C'était l’époque du militantisme civique.

Les syndicats manifestaient contre les risques en matière de santé inhérents au travail et l’absence de droits des travailleurs relatifs à leur propre sécurité. Plusieurs protestaient contre la façon dont eux-mêmes et leurs demandes étaient traités par un Conseil d'administration de la CSPAAT et des experts-conseils médicaux hostiles et souvent discriminatoires. Ces travailleurs exigeaient d'être traités avec respect et dignité.

Ils se sont opposés avec succès à la proposition du gouvernement visant à éliminer l'assurance-invalidité pour les travailleurs handicapés de façon permanente au travail. Ils ont obligé le gouvernement à envisager d’apporter des changements majeurs au système ontarien d'indemnisation des travailleurs accidentés. La pression exercée par des groupes de travailleurs blessés a fini par l’amener à accepter de prévoir une journée d'audiences pour permettre à ces derniers d’exprimer leurs préoccupations. C'était le coup de pouce qu’il leur fallait.

Notre travail est loin d'être terminé. Les statistiques de la CSPAAT montrent qu'en Ontario, les réclamations pour blessures avec perte de temps touchent des milliers de travailleurs blessés au travail chaque année.

Malheureusement, le gouvernement de l'Ontario continue de réduire les prestations de la CSPAAT et les avantages sociaux pour les travailleurs blessés.

En Ontario, les groupes de travailleurs blessés et leurs partisans ont soulevé la question de l'indexation annuelle des prestations des travailleurs blessés auprès de la CSPAAT et du gouvernement. Alors que l'indice des prix à la consommation était de 4,7 %, la CSPAAT n'a accordé que 2,7 %.

Le 2 novembre 2021, le gouvernement de l'Ontario a annoncé que le salaire minimum passerait à 15 $/heure le 1er janvier 2022. Les hausses du salaire minimum ont des conséquences imprévues pour les travailleurs blessés. L'équité exige que les augmentations du salaire minimum ne servent pas à réduire les prestations des travailleurs blessés sans emploi qui sont réputés/déterminés avoir des revenus provenant d'emplois qu'ils n'ont pas et qui ne leur sont pas accessibles.

L'âge de 65 ans est l'âge limite pour se prévaloir des prestations des travailleurs blessés.  Cela met un grand nombre de personnes âgées en danger d'instabilité financière. La montée en flèche du coût de la vie est au cœur des préoccupations de nombreux Ontariens à l'approche des élections provinciales de juin. Le seuil arbitraire et discriminatoire de 65 ans fixé par la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) en ce qui concerne les prestations pour perte de salaire doit être modifié afin de soutenir un nombre croissant de travailleurs âgés.

Personne n'est à l'abri des blessures. Mais, grâce à une plus grande sensibilisation et à de meilleures mesures de sécurité pour lesquelles les syndicats se sont battus, moins de travailleurs ont besoin de traitements médicaux pour des accidents évitables.

Des générations de travailleurs ainsi que les groupes de travailleurs blessés à travers la province ont transformé la vie de tous les travailleurs et nous les remercions pour leur dévouement.

Le 1er juin de chaque année, nous, les travailleurs, nous rassemblons et nous unissons pour reconnaître et soutenir les travailleurs qui ont été gravement blessés ou qui ont perdu la vie.

Il est important que tous les travailleurs de l'Ontario poursuivent le travail commencé il y a 39 ans. Nous avons fait beaucoup de chemin en 39 ans. Mais, ce n’est pas fini. Nous devons continuer de défendre les droits des travailleurs à un milieu de travail sécuritaire et l'accès à un filet de sécurité si l'impensable se produit et que nous sommes gravement blessés.

Ce 1er juin, participez et soutenez le rassemblement de la Journée des travailleurs blessés dans votre région. Chacun de nous peut faire la différence.

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